Politique environnementale Royaume-Uni

Depuis février 2020, le Royaume-Uni, membre du G7, n’est plus soumis aux directives européennes en matière d’environnement. Pourtant, 80% des règles climatiques appliquées au Royaume-Uni proviennent de ces directives européennes. Malgré tout, le pays ambitionne de devenir le leader mondial en matière de développement durable et de défense de l’environnement comme l’annonçait la Ministre de l’Environnement Andrea Leadsom. Alors, utopie ou réalité ? Que dire de la politique environnementale du Royaume-Uni à l’heure actuelle ? Beaucoup de questions auxquelles nous allons apporter des pistes de réponse dans cet article.

Politique environnementale du Royaume-Uni : une volonté affirmée

Une chose est sûre, le Brexit incite le Royaume-Uni à prendre un tournant décisif – qu’il soit positif ou non – en matière de politique environnementale. Jusqu’alors, les fonds européens ont bien servi au Royaume-Uni en permettant en partie au pays de s’extraire de sa dépendance au charbon et de réduire de près de 44% les émissions de carbone par habitant. A partir de maintenant, la donne change quelque peu, mais les ambitions du pays restent plus que jamais fortes.

Parmi les objectifs du gouvernement, des grandes tendances toujours présentes :

  • Préservation et amélioration de la qualité de l’air,
  • Protection de la faune et de la flore, autrement dit de la biodiversité,
  • Réduction de la circulation des particules fines, nocives pour l’humain et l’environnement,

Une volonté forte, certes, mais un budget un peu incertain du fait de l’absence de fonds européens notamment : une équation qui est loin de rassurer les britanniques portés sur l’écologie. Le véritable enjeu reste donc de compenser la perte des directives européennes, à la fois en termes d’effets que de budget.

Quelques faits notables sur la politique environnementale du Royaume-Uni

Pour y voir plus clair sur l’engagement climatique du Royaume-Uni, pourquoi ne pas dresser la liste de quelques faits notables sur les dernières années ? Voici une liste non exhaustive des actions britanniques en faveur du climat ou des résultats d’actions passées.

  • Le 1er mai 2019, le Royaume-Uni était le premier pays à voter l’urgence climatique et écologique”, une motion lourde de sens et appelant à des actions concrètes pour l’environnement, même si elle est en tous points non contraignante au niveau juridique.
  • Au troisième trimestre 2019, la part des énergies vertes dépassait grandement celle des énergies fossiles au Royaume-Uni (charbon, pétrole, gaz…), un ratio qui s’est largement équilibré par rapport au début des années 2010 avec 10% seulement d’énergie verte contre 75% d’énergies fossiles. Le charbon quant à lui pèse moins de 1% et a vocation à être entièrement supprimé d’ici à 2025, contrairement à l’Allemagne où il est encore malheureusement très présent.
  • Le Royaume-Uni a adopté une loi anti-gaspillage entraînant 100% de plastique recyclé d’ici à 2025 ainsi que la fin du ticket de caisse en-dessous de 10 € ou encore l’interdiction du dépôt sauvage de déchets (amende de 1 500 € en cas de manquement). Cette loi est d’autant plus importante que l’Angleterre est une très mauvaise élève en matière de gaspillage alimentaire : près de 15 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année.
  • Le Royaume-Uni, membre actif du G7, a annoncé le doublement de ses contributions au Fonds Vert pour le climat au même titre que la France et l’Allemagne, en 2019.

Enfin, le pays compte également atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

Qu’en sera-t-il des résultats de la politique environnementale du Royaume-Uni ? Il s’agira d’attendre quelques années pour constater de réels changements et comprendre de quelles façons le Brexit aura changé la donne. Le Royaume-Uni reste tout de même membre actif du G7 et prend encore part à ce titre aux multiples discussions et engagements transverses liés à l’environnement.