Tout savoir sur le G7

Sommet du G7
Les 7 pays membres du G7.

Le G7 ou groupe des 7, est une instance multilatérale entre grandes puissances occidentales, se retrouvant autour d’un socle de valeurs communes : démocratie, respect des Droits de l’Homme, du droit international, défense du libre marché et de la planète, notamment. 7 puissances sont donc représentées : France, Allemagne, Italie, Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni et Japon. Depuis 1977, l’Union Européenne est également présente, avec l’intervention du président de la Commission Européenne et par le président du Conseil Européen (2009). 

G7 d’hier et d’aujourd’hui

A l’origine, le but était de donner une impulsion, une orientation commune aux politiques financières, de développement ou encore de sécurité dans ces pays qui représentaient à eux seuls 70% du PIB mondial. Il s’agit à l’époque d’un groupe informel avant tout, dont les prises de paroles se sont affirmées avec les années, avec une portée tout aussi vaste mais des actions beaucoup plus concrètes. Désormais, les politiques environnementales, la lutte contre le terrorisme, contre le changement climatique ou pour l’accès à l’éducation constituent également des problématiques centrales. 

Dernier sommet du G7 : que retenir ?

Lutte contre les inégalités sociales et homme / femme et protection du climat constituaient indéniablement les deux enjeux majeurs du dernier sommet du G7 ayant eu lieu à Biarritz en France, du 24 au 26 août 2019. Un sommet G7 environnement fut quant à lui conduit les 5 et 6 mai 2019. 

Les pays du G7 faisant partie des plus grands pollueurs au monde, il est avant tout de leur devoir d’engager des actions concrètes pour la préservation de la planète et de mobiliser les ressources financières suffisantes pour assurer une transition écologique pérenne à la fois au Nord et au Sud. 

Le dernier sommet du G7 a donc vu la question du climat abordée. En ce qui concerne ce sujet, de nombreux pays invités ont fait partie de la session de travail associée : l’Australie, le Burkina Faso, le Chili, l’Egypte, l’Inde, le Sénégal, le Rwanda ou encore l’Afrique du Sud. Plusieurs promesses et actions : 

  • Pour lutter contre les incendies en Amazonie, le financement aux pays amazoniens qui le demandent, à hauteur de 20 millions de dollars de la part de la France et de 10 millions de livres de la part du Royaume-Uni, notamment. Une aide à moyen terme sur la reforestation était également évoquée. 
  • La signature de la charte de Metz pour la biodiversité par les pays membres et les participants de la session de travail (Rwanda, Inde…). Une série de mesures doivent être prises d’ici au COP15 – Convention sur la biodiversité prévue en octobre 2020 à Kunming en Chine. La Charte de Metz a vocation à placer les enjeux de biodiversité au même rang que ceux pour le climat. Celle-ci a été adoptée suite à la première évaluation mondiale de l’état de la nature, publiée par le groupe d’experts spécialisés de l’ONU (IPBES). Selon cette évaluation, près d’1/8 de l’ensemble des espèces végétales et animales seraient menacés d’extinction. 
  • La volonté de conclure un traité des Nations Unies pour la préservation de la biodiversité marine dans les zones où la juridiction nationale ne s’applique pas. 

Aussi, les membres du G7 réitèrent l’importance de la mise en œuvre effective de l’accord de Paris. Dans ce cadre, des contributions financières ambitieuses au Fonds Vert pour le climat – le mécanisme multilatéral de financement pour l’application des mesures prises dans l’Accord de Paris – ont été promises. Les Etats-Unis ont renoncé à leur participation à ce Fonds. Heureusement, ayant bien en tête que qu’une recapitalisation dans l’organisation est en tous points décisive pour le futur, la plupart des autres membres ont annoncé une compensation financière similaire voire à la hausse : près de 1,5 milliards d’euros pour la France, déjà 3 milliards d’euros en cumulé pour le Japon. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont également annoncé un doublement de leurs contributions respectives. Au total fin 2019, 9,8 milliards de dollars étaient tout de même promis par les pays donateurs, de quoi contribuer durablement à la réalisation des objectifs de l’accord de Paris. Depuis sa création en 2014, le Fonds a financé 124 projets dans plus de 100 pays. 

Le but de ces orientations est notamment de contenir l’élévation de la température sur la planète à moins de 2°C, de préserver la biodiversité, de permettre un accès équitable pour tous à l’énergie verte et d’inciter de la même façon une majorité d’Etats à prendre des mesures strictes pour le climat. Toutes les parties s’accordent à dire qu’une amplification de l’action individuelle et collective en faveur du climat est indispensable à l’atteinte des objectifs fixés. 

Sommet du G7 : un point d’Histoire

Le G7 à l’époque fut créé en 1975 par Valéry Giscard d’Estaing. La volonté était de créer un dialogue direct entre dirigeants des principales puissances occidentales sur des problématiques communes, en sortant quelque peu de la coupe de l’ONU. A l’époque, un premier sommet du G6 regroupe l’Allemagne de l’Ouest, la France, le Japon, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Italie dans la ville de Rambouillet. Évolution en G7 l’année suivante, avec l’accueil du Canada. Plusieurs objectifs, alors :  

  • Harmoniser les politiques financières, suite au choc pétrolier généralisé de 1973 
  • Ne pas tomber dans le protectionnisme 
  • Resserrer les liens entre nations 
Onu et G7
En comparaison à l’ONU, le sommet du G7 est un comité bien plus restreint.

Quelques faits notables sur le G7 entre 1975 et aujourd’hui ? 

  • Toronto 1988 : Effacement partiel de la dette des pays sous-développés d’Afrique (suite à la crise de la dette en 1982, due à l’augmentation rapide des taux d’intérêts en 1979, alliée à la chute du cours des matières premières) 
  • Paris 1989 : création du GAFI (ou Groupe d’Action Financière) pour lutter contre le blanchiment de capitaux et prévenir de ce fait le financement du terrorisme. L’organisme international incite à la prise d’engagements de la part de ses pays membres notamment en actualisant régulièrement une série de recommandations (publiées en 1990) et suit les résultats liés aux actions prises, notamment. La plénière du GAFI se réunit désormais 3 fois par an. 
  • Londres 1991 : intégration de la Russie à l’économie mondiale. Notons d’ailleurs son intégration partielle entre 1998 et 2014, notamment lors des réunions de travail. L’annexion de la Crimée par la Russie a conduit les pays membres à mettre la Russie à l’écart, conservant un format “G7”. A l’heure actuelle, les USA restent fortement enclins à une réintégration de la Russie, une opinion peu partagée au sein des autres puissances du G7. 
  • Lyon 1996 : lutte contre le terrorisme comme principal enjeu du sommet du G7, suite à l’attentat visant une base américaine en Arabie Saoudite. 

Mesures du G7 : des promesses contestées

Le réchauffement climatique étant plus que jamais à l’ordre du jour, le sommet du G7 a bien sûr vocation à créer un dialogue concret sur des actions à mener pour répondre à l’urgence de la situation.  

Depuis 2010, un rapport de redevabilité annuel est réalisé et permet de mesurer le respect ou non des engagements pris lors des sommets des années précédentes. Ce rapport est d’autant plus important que les sommets du G7 restent encore aujourd’hui fortement critiqués par les altermondialistes : budget faramineux engagé (24 millions d’euros pour le G7 2019), paralysie entière de quartiers à vocation d’accueil, engagements non tenus et résultats inverses… Les détracteurs du sommet pointent également du doigt le concept dépassé d’une organisation imposant un capitalisme brutal et régulant l’ordre mondial. Cette instance serait également critiquée pour sa taille : 7 puissances mondiales qui ne représentent plus aujourd’hui les seules à occuper la scène économique : Russie, Chine, Brésil sont par exemple totalement laissées de côté. 

A l’heure actuelle et pour toutes ces raisons, de nombreuses associations et groupes indépendants s’opposent donc farouchement au G7, malgré une prise de conscience affichée des participants et notamment du président E. Macron : 

Le temps où un club de pays riches pouvait définir seul les équilibres du monde est depuis longtemps dépassé(25 septembre 2019). 

Qu’en est-il du G7 en 2020 avec la crise du coronavirus ?

Donald Trump en mars 2020 envisageait une réunion du G7 à distance, en téléconférence. Le débat fut ensuite rouvert pour un sommet en présentiel, qui se tiendrait à Camp David (lieu du dernier sommet du G7 aux USA, sous Barack Obama) aux Etats-Unis, une idée auquel le président français, la chancelière allemande et le premier ministre canadien se disent potentiellement favorables si les mesures sanitaires prises sont suffisamment sécuritaires, notamment. Finalement, le président américain a tranché : cette année, le G7 s’effectuera en visio-conférence.